Noël

 
On sort de la messe dans les champs. Il ne fait plus chaud, et pas encore froid. La douceur du crépuscule est tombée sur le chemin au milieu des eucalyptus dorés. La brise se fait discrète, les feuilles sont nimbées par le ciel.
C’est l’Australie, et c’est Noël ; et je ne m’en suis jamais mieux rendu compte que dans la lumière déclinante de ce soir d’été.
 
J’étais un étranger, un inconnu ; pourtant une famille m’a accueilli pour Noël. J’aurais pu passer les fêtes dans un backpacker, au milieu d’une horde d’autres jeunes déchaînés ; cela ne m’aurait pas affecté outre mesure. Mais grâce à cette famille, j’aurai passé un de mes meilleurs Noëls à lier connaissance avec des gens que je n’aurais jamais pu découvrir autrement. Et qui m’ont parlé comme si j’étais un des leurs. Parce que c’était Noël, et parce que c’était une famille ouverte.
Parce que c’était l’Australie, et sa mentalité différente.
Je connais ma chance, et je sais que beaucoup – trop – passent Noël en tête à tête avec la télé, ou une bouteille de vin qu’ils finissent par désoeuvrement. Ou, pire, à l’hôpital ou à l’hospice. C'est triste d'être seul, au moment des fêtes.
Mais c’est pour cela que Noël devrait être, pour tous, un jour à part. Ne serait-ce que pour un moment.
 
 
Alors, oui, c’est devenu commercial, oui, c’est catholique à la base, pas juif, pas musulman, pas bouddhiste et que sais-je encore. Oui, c’est souvent une fête pourrie par l’obligation de faire acte de présence parmi des gens qu’on n’a pas forcément envie de croiser. Par l’obligation de trouver quelque chose qui plaira à chacun. Par l’ampleur des préparatifs et de la pression sociale qui vous force à soutenir une conversation même si elle vous est pénible.
Mais c’est Noël, et vous avez une famille, des amis pour le fêter avec vous. C’est un jour où vous pouvez vraiment avoir conscience de l’aspect positif de leur présence.
Et surtout, c’est le seul jour de l’année où il nous est donné l’occasion de croire en la bonté plutôt qu’en la malveillance.
Où il nous est donné de croire en l’homme.
 
Alors, passez Noël avec votre entourage, et laissez-vous aller à croire que, cette fois peut-être, les gens seront meilleurs. Laissez-vous être meilleur avec eux, avec vous, le temps d’un jour. Mieux, profitez de chaque instant passé avec eux, et du bonheur que cela crée.
Et si un étranger, un inconnu vient à passer votre chemin, laissez-vous vous ouvrir à la bonté. Et lui en donner un peu.
C’est Noël, après tout.

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