Milford Sound

 

On se lève aux aurores et on court pour attraper le bus qui nous emmènera à Milford Sound en 4h30 – seul chemin possible, puisqu’il n’y a qu’une seule highway y menant, et qu’elle part de Te Anau, petite ville posée sur la rive d’un des plus beaux lacs de l’île sud. Le ciel est bas et lourd, les nuages menaçants, si bien qu’un moment, on craint de devoir faire la croisière sous la pluie.
Heureusement, aux abords de Te Anau, les nuages se clairsèment et le soleil revient juste à temps pour achever de réveiller la horde endormie qui sort du bus pour contempler le lac – ou plus prosaïquement faire le plein de denrées comestibles en tout genre.

Sitôt repartis, la route devient magnifique, et le périple s’émaille d’arrêts tous plus éblouissants les uns que les autres sous le soleil qui règne maintenant en maître dans un bleu uni. Le Mirror Lake laisse se refléter des sommets enneigés et l’herbe fauve qui l’encadre dans une eau qui nous semble claire – jusqu’à ce qu’on longe les torrents de la montagne, bleu saphir. On bée ensuite devant la vision qui s’offre à nous au gré des lacets de la route, entre sommets immaculés, monstrueux pics de roche et falaises étourdissantes au milieu d’un paysage tantôt lunaire tantôt forestier.

 

 

On a à peine le temps de se raccrocher la mâchoire pendant le transfert du bus au bateau qu’elle se décroche à nouveau, et tout le monde se rue sur le pont supérieur pour n’en plus décoller de toute la croisière.
J’avais dit des falaises étourdissantes, sur le chemin ? Oubliez. Les vraies falaises, qui seules méritent le termes de stupéfiantes sont dans Milford Sound, où les parois de roche dévalent tête baissée de la cime de la montagne pour se jeter dans une trajectoire vertigineuse et figée, éternellement terrifiante, tout droit dans les abîmes marins. Falaises de roche nue, ou entièrement recouvertes d’arbres stoïquement serrés les uns contre les autres, si étroitement que plus un pouce de montagne ne transparaît, entrecoupées de cascades rugissantes qui noient de leur fureur les quelques courageux qui restent les affronter sur le pont lorsque le bateau s’en approche, phoques et lions de mer étalés de tout leur long sur un grand rocher ensoleillé, et tout cela au milieu d’une eau scintillante d’un bleu surréaliste.

- Et l’on oublie le temps pour s’abîmer dans l’éternité de l’instant ébloui entre terre et mer.

Au retour, le paysage nous paraît le pâle ersatz d’un autre monde.

 

 

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