Waitomo Caves

Glowworms

 

(Veuillez excuser la qualité des photos, elles ont été prises de mon portable !)

Levées à 7h, on trace pour atteindre les Waitomo Caves dès 9h. S'ensuit une longue négociation pour savoir lesquelles on va visiter – car il y a trois grottes au total : la Waitomo Cave, la plus touristique car la plus spectaculaire, Aranui Cave, vantée pour ses terrasses de stalactites et stalagmites roses et bruns, et Ruakuri Cave où l'on entend le bruit des chutes d'eau souterraines et contemple des tapisseries de cristal.

Problème : on ne veut pas faire le combo des 3 car ça devient de l'argent jeté par les fenêtres, et on ne veut pas faire QUE la Waitomo Cave car pour le coup on voudrait bien en voir une des deux autres. D'où le dilemme : QUELLE grotte choisir ?
Je penche plus pour Ruakuri car l'idée de faire une descente en spirale de 2 mètres et de voir de grandes galeries calcaires me parle plus que les "hautes chambres" d'Aranui… Et inversement pour Bénédicte que les roses et violets de cette dernière tentent plus que le pâle calcaire de la première… Au final Ruakuri et la promesse des tapisseries de cristal l'emportent. Et c'est parti pour une visite de 2h dans un monde souterrain impressionnant d'écho et de grandeur.

 

Ruakuri est un lieu sacré pour les Maoris. Selon la légende, elle fut découverte par un jeune chasseur maori qui se fit attaquer par des chiens sauvages juste à l'entrée de celle-ci. Les chiens furent capturés et mangés, mais d'eux vint le nom de la grotte, rua signifiant "antre" et kuri "chiens". Peu de temps après, le chef de la tribu, Tinorau, s'établit dans les alentours, et la grotte devint un wahi tapu, site sacré, utilisé pour enterrer les morts et stocker des taonga, les trésors de la tribu. Il reste de cette époque une importante atmosphère spirituelle qui plane sur la grotte – certains la disent même hantée.

La visite est marquante en tout cas, vous menant dans un dédale sombre de presque deux kilomètres. On passe, furtif et silencieux, parmi des colonies de vers luisants, au-dessus de cours d'eau souterrains, le long de grandes chutes d'eau qui sortent de l'ombre pour s'écraser dans l'ombre dans un bruit de tonnerre lointain, et des structures de stalactites et stalagmites s'étendant sur des dizaines de mètres. La voix du guide, à l'écho caverneux, fait ressentir la vastitude du lieu jusque dans vos os. Et enfin, le scintillement des tapisseries de cristal – la quintessence de plusieurs milliers d'années figés dans le calcaire – vous rappelle que la main de l'homme n'est rien devant celle de la nature.

On en sort vaguement ébloui dans la lumière du jour et le souffle glacé, comme revenant d'un rêve étrange.

Panorama Ruakuri Cave

 

L'univers souterrain de Waitomo, quant à lui, recèle un spectacle féérique jalousement gardé – photos interdites – mais bien exploité  et unique à la Nouvelle-Zélande : des millions de vers luisants (glowworms) y élisent domicile depuis des centaines d'années, transformant la voûte de la grotte en un ciel étoilé réellement impressionnant dans le noir absolu.

La mise en scène est bien ficelée, qui nous balade d'abord de façon assez didactique parmi les stalactites et stalagmites au sein des hauts murs de la grotte, nous expliquant qu'il faut parfois une centaine d'années pour créer un centimètre cube de stalactite, et retraçant le long chemin de la goutte d'eau jusqu'à sa pétrification. Ensuite seulement, l'on nous conduit au bateau où on s'entasse en groupe jusqu'à plus soif pour, au sein des ténèbres, pénétrer dans le royaume des vers luisants. On y vogue lentement, au gré du courant, dans une salle bien nommée "la Cathédrale".
Et malgré ma conscience très nette du côté "appât-touriste" dans tout ça, le charme fonctionne. En quelques secondes, je ne prête plus attention aux gens qui remuent à côté de moi; les murmures se perdent, laissant place à un silence quasi religieux. Et l'on se croit projeté à l'échelle galactique où le temps n'est plus, au gré des clapotis et des amas d'étoiles bleues au-dessus de vos têtes… Jusqu'à ce qu'apparaisse l'embarcadère auréolé par le jour, qui signe la fin du voyage outre-temps.

 

Pour les férus de sciences nat' : ce glowworm n'est pas à proprement parler un ver, mais la larve d'un insecte, le diptère kéroplatidé (à vos souhaits) une espèce de petit moucheron. Cet insecte traverse plusieurs cycles avant d'atteindre l'âge adulte : oeuf, larve, pupe et nymphe. Au stade de larve et de pupe il a besoin d'une forte humidité, d'une obscurité totale, d'une atmosphère sans courant d'air et d'une nourriture abondante venant des points d'eau proche. D'où le cadre idéal que représentent les grottes. Il s'accroche aux anfractuosités de la roche via une petite toile, d'où il laisse pendre un fil gluant de 4 à 10 cm, grâce auquel il piège ses proies – attirées par sa bioluminescence, créée par une réaction chimique au bout de l'abdomen – et les ramène tranquillement jusqu'à son gosier. Tant qu'à faire, la lumière attire aussi les partenaires pour les femelles ! Après 11 à 12 mois de mutations, le diptère atteint le stade adulte, où il perd sa luminescence et s'envole au grand jour pour les 2 à 3 mois de vie qu'il lui reste.

Une réflexion au sujet de « Waitomo Caves »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *