King’s Country, premières galères

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On part de chez Virginia et Charles vendredi matin, pas très en forme pour un premier jour de roadtrip, mais on fait avec. De toute façon les distances à parcourir ne sont pas grandes, pour qu'on ait le temps de mettre les choses en place et de se roder.

Direction Rangiriri, où selon le guide se trouve un pa maori – un village fortifié, censément célèbre pour la bataille dont il a été le théâtre en novembre 1863, où 1500 hommes britanniques attaquèrent 500 guerriers maori. Ces derniers tinrent bon pendant la journée mais la plupart se rendirent durant la nuit, et les Britanniques purent prendre possession du pa le lendemain.
En réalité, tout ce qu'il en reste est une colline d'herbe vierge, fendue en son milieu d'une profonde tranchée en croix. Laquelle tranchée est complètement tapissée de hautes plantes vert foncé. Juste de l'autre côté de la colline, des enclos, des barrières et des bêtes en train de paître, comme si rien ne s'était passé. Et nulle trace d'un quelconque vestige historique, ou d'un panneau explicatif : c'est chou blanc complet.

Tant pis, on reprend la route pour un saut de puce jusqu'à Huntly, où l'on comptait faire le tour du lac Hakanoa. Mais au bout de 4 km, le chemin se retrouve englouti sous les eaux, trop profondément pour qu'on ose espérer sa résurgence plus loin. Qu'à cela ne tienne, on revient sur nos pas, déjeune sur la rive en observant les va-et-vient des canards et les cormorans se sécher au soleil.

Puis nouveau saut de puce, pour atterrir au pied du mont Taupiri.
Taupiri est la montagne sacrée de l'ethnie maorie Tainui, où fut transportée et enterrée en grande cérémonie la dernière reine maorie, Dame Te Atairangikaahu, dans un tombeau vierge d'inscriptions, parmi ses ancêtres au sommet de la montagne. Les touristes n'y sont pas les bienvenus, mais leur présence est tolérée du moment qu'ils se plient au protocole – ne pas manger, rester sur les sentiers tracés et se laver les mains au retour pour effacer toute trace de sacré. Une randonnée d'une heure vingt aller-retour nous promet de belles vues sur les alentours et non pas d'aller jusqu'au sommet, mais de nous faire traverser la Hakarimata Scenic Reserve. Se fiant à la débrouillardise plutôt que d'aller se renseigner au i-Site de Huntly, on trouve l'entrée du sentier et on s'y engage. Bien mal nous en prend, malgré notre persévérance : le sentier, très escarpé, rendu boueux et glissant par la pluie d'hier, qui a fait s'écrouler plein de fougères sur le tracé, transforme vite cette première rando en épreuve de force. On tient bon pendant une heure jusqu'à se retrouver rouges et suantes devant un cul-de-sac provoqué par un gros éboulement de fougères. On capitule en redescendant; mais la boue et la pente rendent le chemin encore plus malaisé qu'à l'aller. Du coup, alors que je n'ai, par miracle, jamais glissé durant la montée, je fais trois dérapages spectaculaires dans la boue et me rattrape in extremis au milieu des genêts, dans les derniers mètres… suivis des "Ca va, ça va ??" angoissés de Bénédicte. J'en serai quitte pour un pantalon boueux et une main truffée d'échardes de genêt.

Remises de nos efforts après une pause dans la voiture, on part pour Waingaro Hot Springs, des sources d'eau chaude naturelles qu'on nous a recommandées. Et encore une fois, on joue de malchance : l'accès en est payant, et ce sont des piscines minérales à ciel ouvert alors qu'il ne fait pas franchement chaud ni beau…

On laisse tomber de nouveau, et on poursuit vers Raglan où se trouve notre camping.

 Première bonne surprise de la journée : le village est sympa sous le soleil revenu, et le camping très cool, avec cuisine collective, salle à manger et coin info sur la région. Les chiffons, les éponges et torchons et le produit vaisselle, tout comme le savon et le papier toilette sont à disposition de tous, et personne ne vole rien.   Dans la cuisine, il y a des micro-ondes, un frigo et un congélateur flambants neufs, et tout le monde en prend soin.  Nos campings nationaux font pâle figure à côté ! En revanche, l'eau chaude est limitée à 5 mn par personne et payante, et le recyclage est assez complexe. M'enfin bon, on ne va pas râler, pour ce qu'on a d'attitude écologique chez nous… un gros poil dans la main oui :D

On apprendra vite que c'est le régime commun de tout camping néo-zélandais lambda. Belle conscience écologique et citoyenne…

 

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