Accessibilité et vie quotidienne pour un sourd en Australie

 
 
Il y a des écrans dans les trains de Melbourne et de Sydney, indiquant quel est le prochain arrêt et quel est le terminus, tout comme dans les bus parisiens. Pas dans les tramways en revanche, parce que les anciens modèles sont toujours opérationnels et n’ont pas été améliorés. Dans les bus non plus, malheureusement. Mais si vous demandez au conducteur, il consentira volontiers à vous signaler  l'arrêt où vous devez descendre.
Les programmes TV pubs comprises, sont intégralement sous-titrés excepté certaines pubs et un ou deux programmes qui ne passent que tard dans la nuit.
Pour le téléphone, le National Relay Service est super efficace et fonctionne 24h/24 sans souci. On peut l’utiliser via une sorte de machine à écrire avec un écran LCD qui affiche les réponses écrites de l’interlocuteur ou directement avec un ordinateur connecté à Internet, et on a le choix entre taper ce qu’on veut dire ou le dire via le haut-parleur de l’ordi, et recevoir une réponse écrite ou orale.
 
Les boucles magnétiques sont présentes dans tous les principaux bâtiments officiels et fonctionnent. Il y en a aussi dans la plupart des musées d'Etat, et dans certaines salles de spectacle.
 
Pour la vie quotidienne en général, comme je l’ai déjà dit, les gens sont beaucoup plus ouverts et détendus qu’en France. A la caisse du supermarché par exemple, le fait de fonctionner par écrit ne pose pas de problème, ni de répéter quand je n’ai pas compris par exemple. Et j’ai déjà vu une ou deux fois un caissier sourd, avec une signalétique correspondante affichée. Pas de « attention danger » ou quoi que ce soir, juste un « check-out cashier is deaf. » et ça ne provoque pas de stratégie d’évitement des gens. Et pareil pour tout ce qui est commander à manger au restaurant ou demander un ticket de train etc, les hôtes sourds chez qui je suis à Melbourne et qui parlent essentiellement l'Auslan écrivent tout et les gens au lieu de les regarder bizarrement ont une réaction très simple, du style : "ah ok on passe par l’écrit, pas de souci".
D’une façon générale, les Australiens ont l’air tout à fait accoutumés au handicap en général, et ne sont pas spécialement gênés quand cela leur arrive de croiser un handicapé, quel qu’il soit. Cela allège considérablement le niveau de stress quotidien que l’on peut éprouver dans un pays étranger. Limite si je ne me sens pas plus à l’aise qu’en France !
 
Je crois que l’attitude générale des gens compte beaucoup : en France les gens ont souvent une réaction de recul ou de défiance quand vous les abordez pour la première fois, si vous n’avez pas été introduit par quelqu’un qu’ils connaissent déjà ; et même lorsque vous êtes dans le second cas, il leur faut du temps avant de vraiment discuter avec vous. En Australie rien de tout cela : les gens vous voient pour la première fois, ils vont vous voir, vous souhaitent la bienvenue, vous posent des questions sur ce que vous faites, d’où vous venez, si vous aimez l’Australie, si vous avez de la famille… et vous parlent en même temps de leur propre vie : comment ils ont rencontré leur partenaire, combien d’enfants ils ont, ce qu’ils font dans la vie, quels sont leurs centres d’intérêt, etc. Et si quelqu’un vous présente, il racontera ce qu’il sait sur vous, et ce sera le début de la conversation, les gens s’intéressant à vous en réponse. Et à la fin de la soirée il n’est pas rare que vous receviez des invitations à venir prendre le thé chez quelqu’un ou des propositions de déjeuner ensemble – ou, dans mon cas, des invitations à venir loger chez les gens lorsqu’ils habitent dans l’une des villes que je compte visiter. C’est souvent grâce à mes hôtes actuels que je trouve des gens disposés à m’héberger dans les villes suivantes, lesquels sont de la famille ou des amis de mes hôtes. Et le réseau se mobilise à chaque fois spontanément. J’admire cet accueil et la bienveillance qui en résulte envers le nouveau venu. Les Français devraient vraiment en prendre de la graine…

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