Oh, what the heck ?

"J’avais compris qu’avec de l’énergie et de l’envie on apprend vite. J’avais gagné un tout petit peu de confiance en moi.

Juste assez pour me dire que peut-être, peut-être, peut-être, si je m’autorisais vraiment à délirer, peut-être, un jour, je pourrais faire ce dont j’avais toujours rêvé : des dessins. Je n’avais fait aucune école d’art, je ne connaissais personne dans ce milieu. Je ne savais même pas si je savais vraiment dessiner.

En fait, je ne savais rien.

J’avais juste l’impression que si je n’essayais pas, j’aurais toujours ce doute terrible au fond de moi. J’avais enfin grandi et j’étais prête à prendre des risques. Et surtout je savais que si ça ne marchait pas, baaaaah. Je n’en mourrais pas. Je pourrais toujours être attachée de presse, ou monitrice de planche à voile dans des camps de naturistes, voilà.

J’ai décidé de me lancer. J’allais devenir illustratrice, tiens."

// " I understood that with energy and desire, you learn quickly. I was starting having just a little bit of that faith in myself.

Just enough to tell myself that maybe, maybe, maybe, if I applied myself to the point of delirium, maybe, one day, I could do what I always dreamed of doing: illustration. I never went to art school and I didn’t have a single connection in that world. I didn’t even know if I could draw.

Well really, I knew nothing at all.

I just had the impression that if I didn’t try it, I would always have this regret deep inside of me. I had finally grown up enough to be ready to take some risks. And above all, I knew if it didn’t work out, well, it wouldn’t kill me, you know? I could always work in PR, or be a wind surfing instructor in a nudist colony, voilà.

So I decided to get started. I would become and illustrator."

 

Dit par LA bloggeuse la plus influente qui soit en France, lorsqu'on parle de mode ; j'ai nommé Garance Doré.
Et elle a commencé comme cela, très exactement. Sans avoir forcément un talent inné, un réseau de ouf malade, un truc énorme qu'elle aurait par nature et qui la distinguerait d'emblée parmi tout le monde. Juste – la prise de conscience qu'il y a des risques pour tout, et que les prendre nécessite de la volonté. Et qu'il ne dépend que de soi d'avoir ou non cette volonté. Non pas de façon innée : on construit sa volonté en l'éprouvant. En acceptant de tenter le coup, malgré le risque, parce qu'on en a ENVIE, qu'on est prêt à faire des efforts, et à assumer tout ce qui s'ensuivra.
En somme, en se disant : " Oh, what the heck ? " // " Oh et puis zut ". Je n'en mourrai pas si j'échoue. Personne ne meurt d'un échec. Au contraire, on gagne en lucidité, et on est libéré d'une illusion, celle de s'être cru capable de faire cela, ce qui nous permet d'aller explorer d'autres voies sans regret.

Il y a quatre ans, j'ai compris que l'Ecole Normale Supérieure n'était pas pour moi, en subissant mon plus grand échec. Mais après, j'ai découvert qu'il y avait d'autres choses que je pouvais réussir. Que la comptabilité, c'était pas SI dur que cela. Que j'adorais concevoir un projet de livre jeunesse. Que je n'étais pas tant une bête à concours que quelqu'un qui se donne à fond dans ce qu'il fait, et qui préfère partir à l'aventure plutôt que suivre les voies royales. Que j'étais capable d'être chef scout d'une tribu de 15 ados. De monter de bout en bout un projet de voyage à l'autre bout de la terre, que ce soit l'Inde ou l'Australie. Que j'arrivais à convaincre des managers, des médecins, des inconnus. Que je pouvais me faire comprendre et comprendre les gens en anglais, sans les faire répéter mille fois.
Tout cela, parce que j'ai appris que l'échec ne tue pas, contrairement à tout ce qu'on m'avait enseigné. Que je me suis dit, à chaque fois : "Si ça ne marche pas, baaaah. Au moins, j'aurai essayé."

 

L'essentiel, c'est d'essayer à fond. Et, parfois, incroyable mais vrai, ça marche.

 

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