La voie de la liberté

 

Cela fait encore un moment que Wombatoak ne bouge plus d’un cil, malgré mes promesses répétées de mise à jour.

La raison en est simple : plus les jours passent, plus mes propres cadres de vie volent en éclats. Plus je me retrouve à remettre en question des principes que je considérais allant de soi ; ce qui crée une gymnastique mentale assez prenante sous ma boîte crânienne.
N’est-ce pas logique, quand il s’agit de revoir toutes vos grandes croyances à l’aune d’un autre monde, l’Australie, d’un autre état d’esprit, celui du voyageur ?
 
Toothbrush Nomads disait, en parlant de l’idée de rentrer après un an de voyage, que pour certains cela allait de soi, car ils étaient attachés à leur famille, leurs amis, leurs études ou leur carrière. Mais rappelle que ce n’est pas le lot de tous par cette question :
« Combien d’entre nous ont-ils réellement une vie à laquelle ils veulent revenir à tout prix ? »

Northern Warmblood Stud

 

 

7H30. Le réveil vibre, et commence la journée au Northern Warmblood Stud, le haras de chevaux pur-sang où je travaille pendant deux semaines, à Kyabram, petit bourg perdu dans la campagne du Victoria.
Ma première tâche, en cet été austral qui frôle régulièrement les 40°C, est d’aller mettre en place et d’activer les tourniquets d’arrosage dans le « lunging paddock », le manège où on longe les chevaux, et le « yard », celui où on les monte. Puis je reviens prendre mon petit-déjeuner dans la main house, où Jan, la propriétaire du haras, me donne la liste des chevaux à longer, à nourrir, et autres consignes de travail. Après, la journée est lancée.

Revenir à sa vie d’avant

Revenir à sa vie d’avant, comment cela serait-il possible, après être passé par tant de lieux différents, tant d’êtres différents,
après être passé soi-même par tant de filtres différents, jusqu’à se retrouver affûté, blanchi, lavé, relavé et délavé, dépouillé par l’eau, le soleil et le vent jusqu’à l’essence la plus nue de l’être ?
 
Revenir à une vie d’avant, quand on est aujourd’hui si loin de la créature que l’on était à ce moment,
quand on sait qu’aujourd’hui le passé nous est plus étranger que le pays où l’on est ?
tant on fut étranger à sa famille, à son pays natal,
entravé au tréfonds de son handicap, au point d’en crier dans la solitude
– au point d’en porter un masque jour et nuit, jusqu’au cœur de l’asphyxie –
 
tant nous est aujourd’hui familier l’inconnu qui nous a accueilli
tant nous est un soulagement d’être maintenant en paix avec le monde
tant nous est devenue vitale la liberté d’être et de vivre tel qu’on est – et non tel que les autres vous veulent ?
 
Revenir à cette vie d’avant, ce serait revenir m’enchaîner au prisonnier que je ne suis plus.
 

Il en faut peu…

 

Parfois, il faut passer au travers d’un ou plusieurs films*, du souvenir de Nadav, de grandes discussions philosophiques sur la vie, l’art et l’humanité ; et puis faire une simple balade dans les rues de Gosford…
Pour réaliser encore, et définitivement, que le bonheur n’est pas dans l’insurpassable, l’inatteignable, l’exceptionnel. Qu’il est juste là, si l’on veut bien le prendre. Qu’on peut être heureux comme on est, là où l’on est, à cet instant même.

Si on arrête de vouloir plus, de chercher mieux, d’être insatisfait. Et qu’on voie ce qu’on a : un toit, de la nourriture, un corps qui marche bien,  la nature à contempler, des amis, et un lendemain.

Le bonheur tient dans les petites choses. Et parfois dans le seul fait d’être au monde.
Dans la présence, tout simplement.

 

A quoi bon les carrières fulgurantes, le stress du travail effréné, les montagnes d’argent gagnées au prix effarant du temps perdu,
à quoi bon laisser s’épuiser sa vie, son énergie dans la quête d’une réussite illusoire,
quand l’essentiel est juste devant vous ?

 

 

* Le Scaphandre et le Papillon, et Bagdad Café.

 

In memoriam Nadav Shavit

MAJ !

 

Tout d'abord, avec la nouvelle année, Wombatoak fait peau neuve, comme vous pouvez le constater !
Il reste encore quelques bidules à recadrer par ci par là, mais l'essentiel est fait. Comment vous trouvez ?

Ensuite, une catégorie qui était désespérément en retard trouve un nouveau souffle pour faire un retour foudroyant :   les interviews !

Vous trouverez maintenant celles de Lynette Gill, de Jeff Wishart, et celle du secrétaire général de Deaf Can Do l'association régionale pour les sourds d'Australie du Sud. Et j'ose espérer que l'actualisation continuera bon train !

En ce qui concerne les posts de Nouvelle-Zélande, la seule chose qui me freine encore est la montagne de photos à trier… d'où certains d'entre eux composés uniquement de texte. Mais encore une fois, cela arrive ! Encore un peu de patience…

Et avec tout cela, je vous souhaite une très belle année 2011 "may all your dearest wishes be fulfilled !" :)