« Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde »

- Charles Baudelaire, Le mort heureux -

 
Un des effets pervers du retour, de la réinstallation dans le quotidien parisien, c’est l’oubli. Pas au sens où je ne me rappellerais plus de l’Australie – grands dieux ! – mais au sens où on perd lentement l’habitude du nouveau mode de vie qu’on avait adopté.
 
Au sens où, en se réhabituant à vivre dans un endroit à soi, à retrouver des lieux familiers, on retombe dans une espèce d’apathie face aux tâches du quotidien, d’inconscience. Quand on vit dans le bush, chaque tâche est importante ; on a besoin de manger, donc on a besoin de faire la cuisine, et de bien la faire pour ne pas gâcher la nourriture qui est en réserve limitée. On a aussi besoin de faire attention aux ustensiles, pour ne pas les perdre ou les casser, sinon on ne peut plus faire à manger tant qu’on ne l’a pas remplacé. En ville et en appart, ce n’est pas grave ; il y a un supermarché à côté s’il faut remplacer quelque chose ou acheter à manger. Il y a même des plats tout prêts, donc ce n’est pas grave si on ne fait pas la cuisine. Pas besoin d’y penser. Pas besoin de penser, tout court.
Cet état d’alerte, de conscience accrue de soi et de l’environnement qui s’instaure dans le bush, et plus généralement quand on voyage sac au dos, on le perd quand on revient chez soi. Parce qu’il n’y a plus besoin de faire attention, de savoir où on est, ce qui se passe. Plus besoin de prêter attention au temps, pour savoir s’il va pleuvoir ou non, faire chaud ou froid. Plus besoin d’avoir à l’esprit le niveau d’essence de la voiture, la quantité de nourriture et d’eau qui reste, la proximité ou non de toilettes. Plus besoin de vérifier les cartes, les sacs, les piles, la place de quoi que ce soit, parce qu’on est chez soi. Etc, etc.
 

Le retour du rêve

 

 

Voici venu le temps du retour.

Il a commencé avec le départ d'Hobart pour Melbourne. Etrange de voir une île qu'on connaît aussi bien que sa poche désormais, avalée par l'avion et les nuages en dix minutes.
Pour l'instant, les eastern rosellas ont seulement été remplacés par les kookaburras, mais il n'y a déjà plus de pademelons, sans parler des wombats. Je suis toujours dans la campagne, mais les lumières de Melbourne brillent chaque soir au-delà des collines, bien visibles.
Je suis toujours en Australie, mais le compte à rebours a commencé. Qui me fera bientôt faire un saut de puce à Canberra. Puis un second, à Sydney, pour y passer ma dernière nuit sur l'île-continent. Et finalement prendre l'avion qui me ramènera sur le sol français, bon gré mal gré.
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Sailing for Tasmania

 

Réveillées avec l'aube à 6h15, on s'engouffre à 6h30 dans le dédale de banlieues et de rues de Melbourne avec pour seul guide un Google Maps pas très réveillé non plus. Heureusement on a assez de marge pour arriver sans encombre à l'embarcadère du Spirit of Tasmania à 7h15 et embarquer à 8h pétantes après 3/4 d'heure d'attente passés à faire la queue et passer les différents contrôles de sécurité. Durant ces derniers, on se fait temporairement confisquer nos canettes de gaz pour le réchaud, qu'on récupèrera au débarquement; en revanche on se rend compte qu'on va se faire confisquer définitivement nos légumes à l'arrivée – food quarantine oblige !

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Retour au roadtrip

 

 

L'arrivée de Stef au bout de deux semaines de labeur a signé le début des "ders". Que j'attendais avec impatience et répugnance tout à la fois.

Dernier jour au haras. Derniers odd jobs. Dernière séance de longe, dédiée à Astor, étonnamment calme, après son marquage au fer rouge – chose obligatoire pour tous les chevaux envoyés en Western Australia. Dernier déjeuner dans la maison des helpers, avec Ifen et Bérengère, la dernière française à rester.

… Puis je finis mon sac, et vient le moment des adieux, quelque peu bousculés par la horde de juments et de poulains lancés au triple galop dans les allées du haras, que tous les bras restants se consacrent à aiguiller et presser…
Et hop, on est dans la voiture.

Direction Melbourne, sous un soleil en fer-blanc et les 40°C impitoyables  qui enserrent la campagne du Victoria.
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Northern Warmblood Stud

 

 

7H30. Le réveil vibre, et commence la journée au Northern Warmblood Stud, le haras de chevaux pur-sang où je travaille pendant deux semaines, à Kyabram, petit bourg perdu dans la campagne du Victoria.
Ma première tâche, en cet été austral qui frôle régulièrement les 40°C, est d’aller mettre en place et d’activer les tourniquets d’arrosage dans le « lunging paddock », le manège où on longe les chevaux, et le « yard », celui où on les monte. Puis je reviens prendre mon petit-déjeuner dans la main house, où Jan, la propriétaire du haras, me donne la liste des chevaux à longer, à nourrir, et autres consignes de travail. Après, la journée est lancée.

Faune australienne

 

Et voilà… quelques spécimens croisés au fil de mes explorations, pour le plaisir des yeux ! D'autres à venir bientôt…

En attendant, pour vous faire découvrir quelques particularités de ces animaux, un peu d'info !

Les wombats, koalas et kangourous appartiennent tous à la même famille de marsupiaux, les Diprodontia, dont la caractéristique commune est d'être largement herbivore – même si certaines espèces peuvent manger des insectes et du miel – et, en conséquence de n'avoir que deux incisives sur la mâchoire inférieure et rien sur la mâchoire supérieure. Les second et troisième orteils de leurs pattes arrière sont partiellement fusionnés, ce qui leur permet de les utiliser pour la toilette et pour démêler leur fourrure. Certaines espèces arboricoles, comme le koala et le possum, possèdent aussi un pouce opposable sur les pattes avant, ce qui fait d'eux les seuls mammifères avec les primates à posséder une telle anatomie.

 

// Here you are… some specimens met through my explorations, for eye's pleasure ! Some soon-to-be-published coming…

 

Platypus and echidna

Australia is home to the world’s only two types of living monotremes – the platypus and the echidna. Only one species of platypus exists and is endemic to Australia. There are four echidna species from whom the Short-beaked is the only one found in Australia – the other three ones exists in New Guinea.
Both platypus and echidna are egg-laying mammals, have sensitive, modified « noses » and both have exploited ecological niches that provide them with little competition from other mammals.
The similarities, however, end there. They live vastly different lifestyles and have widely discrepant body forms. In fact, so improbable is the platypus’s morphology that when the first specimen was sent to England in the late 1700s it was described as an « amphibious mole » and believed to be an elaborate hoax !
The platypus spends up to 12 hours a day in the water and is superbly equipped for its semi-aquatic lifestyle, with large, webbed feet and and sensitive bill that is able to detect the weak electrical impulses generated by moving animals. While underwater, its eyes, ears and nostrils are closed, so sweeping the long, flat bill from side to side assists it in detecting his prey. Once prey is caught, it is stored in a cheek pouch and taken to the surface, where it is ground up between horny plates on the platypus’s upper and lower jaws.
The platypus’s diet comprises invertebrates, small animals and frogs.

Short-beaked echidnas are one of the few species to be found in almost all of Australia’s varied habitats. They are covered with stiff, hollow spines – which are actually modified hairs – that help defend against predators. Echidnas survive on a diet of ants and termits and have squat, short limbs equipped with long, powerful claws for digging into termits mounds. If alarmed, they roll into a ball or quickly dig into ground.


 

…Et la boucle est bouclée

 

Juillet 2008, sur l'Opera Wharf avec Magali : "Tu veux pas que je prenne une photo de toi devant l'opéra ? – Non, c'est pas la peine. – Ben pourquoi ? – Parce que je sais que je reviendrai."

Et deux ans plus tard… défi relevé. Hey kid, you've done it !

 

// July 2008, on the Opera Wharf with Magali : "D'you want me to take your picture in front of the opera ? – No, it's not worth it. – Why so ? – Because I know I'll be back."

And two years later… challenge met. Hé gamin, tu l'as fait !

Melbourne

 

Ce qui caractérise Melbourne d'emblée : son temps… changeant. Et le mot est faible. En deux heures vous pouvez passer d'un temps doux et un beau soleil à une grosse pluie qui s'achève sur d'énormes rafales de vent et une plongée du thermomètre vers les cinq degrés. Parfois, un bel arc-en-ciel pour couronner le tout, quand le ciel veut se faire pardonner… Je vous laisse imaginer le nombre de déshabillages et rhabillages en catastrophe, selon le tempo céleste, et nos allées et venues entre musées et balades.

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Accessibilité et vie quotidienne pour un sourd en Australie

 
 
Il y a des écrans dans les trains de Melbourne et de Sydney, indiquant quel est le prochain arrêt et quel est le terminus, tout comme dans les bus parisiens. Pas dans les tramways en revanche, parce que les anciens modèles sont toujours opérationnels et n’ont pas été améliorés. Dans les bus non plus, malheureusement. Mais si vous demandez au conducteur, il consentira volontiers à vous signaler  l'arrêt où vous devez descendre.
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